L’Agora du Foot lance une nouvelle rubrique: Tribune libre. Comme son nom l’indique, cette rubrique permet à nos pigistes d’exposer certaines de leurs idées sur le football.
Pour cette inauguration, nous vous proposons un éclairage sur les liens entre football et économie en 3 volets. Voici le premier article: l’arrivée de pays “émergents” dans le football fait écho à une tendance lourde du monde économique.
La finale de la Supercoupe d’Europe a offert une opposition alléchante entre l’un des plus anciens clubs, véritable institution du monde du football et un club ‘sorti de nulle part’ issu d’une nation condamnée à un avenir footballistique morne il y a peu et qui renaît de ses cendres. Ce match résume de nombreux aspects du football moderne, qui se révèle le pendant de l’économie mondiale actuelle sur plusieurs points :
· Pays émergents,
· Pôles de formation,
· Mouvements de capitaux…
Cette relation entre l’économie et le sport, le football en particulier, n’a rien d’incongru au contraire. Tentative de décryptage…
Les pays émergents bousculent l’establishment
Manchester United face au Zenith Saint-Petersbourg, c’est l’illustration sportive des mouvements dans les rapports de forces qui se jouent dans le monde économique. L’émergence de puissances qui remettent en cause la mainmise des pays dits « développés » sur le commerce mondiale trouve en effet son écho dans le football. Ces dernières années, les lycéens et les amateurs de foot ont appris à vivre dans un cadre en mutation :
· durant les années 1990 et même du début des années 2000, les cours de géographie affirmaient la toute-puissance de la Triade (Etats-Unis, Europe Occidentale, Japon) qui polarisait 80% des échanges mondiaux ; aujourd’hui on enseigne à l’envi la montée en puissance des BRIC[1] ;
· Mêmes périodes, constat similaire dans le football : dominé peu ou proue par huit nations historiques qui ont donné naissance à ce sport ou qui en ont influencé, si ce n’est révolutionné, la pratique[2] ; le monde du ballon rond voit apparaître des puissances émergentes.
Le Portugal est désormais une nation forte de l’Europe du foot : victoire de Porto en C1 en 2003, l’équipe nationale a participé à tous les quarts de finale des grandes compétitions depuis 1996 ! Les meilleurs joueurs portugais jouent dans les plus grands clubs d’Europe, et même les entraîneurs ont la côte (Mourinho à l’Inter, Queiroz adjoint de Ferguson à Manchester United).
D’autres nations pointent leur nez, notamment :
· la Turquie (3e de la Coupe du Monde 2002, demi-finaliste de l’Euro 2008, Galatasaray vainqueur de la coupe de l’UEFA et de la Supercoupe d’Europe en 2000, Fenerbahçe en quart de finale de Ligue des Champions en 2008),
· la Russie (demi finaliste de l’Euro 2008, double vainqueur de la coupe de l’UEFA : CSKA Moscou en 2005 et Zenith Saint-Petersbourg en 2008).
[1] Brésil, Russie, Inde, Chine (auxquels on peut ajouter l’Afrique du Sud et le Mexique) qui sont les puissances annoncées du XXIe siècle.
[2] Allemagne, Angleterre, Argentine, Brésil, Espagne, France, Italie, Pays-Bas. Aujourd’hui à la traîne, l’Uruguay (dans les années 1930 à 1950) a également été une grande nation de football, deux fois championne du monde.