Dimitar Berbatov

6 09 2008

Dimitar Berbatov fait partie de ces grands joueurs dont la carrière internationale (et le renom qui l’accompagne) est liée directement à la nationalité, à l’image de Ryan Giggs, George Weah ou Andreï Schevchenko. Ne trouvant pas en équipe nationale, un terrain propice à l’épanouissement de leur talent, ces joueurs ne peuvent affirmer leur statut que sous les couleurs de leur club. 3 transferts en 7 ans (pour un montant total de 52 millions d’euros) ont permis au Bulgare de quitter le quasi-anonymat du CSKA Sofia pour rejoindre Manchester United, champion d’Europe en titre et club le plus riche du monde[1]. A lui désormais de prouver qu’il a sa place au milieu des Tevez, Rooney, Ronaldo et consorts. Portrait.

 

 

La post-formation et le décollage indivuel…suivi du crash collectif

 

Formé au Pirin Blagoevgrad, Berbatov est repéré par Dimitar Penev (coach de la sélection Bulgare en 1993…), alors entraîneur du CSKA Sofia, qu’il rejoint à l’âge de 17 ans, en 1998. Ses débuts sont prometteurs (3 buts en 11 matchs), il remporte d’ailleurs son premier trophée : la Coupe Nationale de Bulgarie. Il confirme dès la saison suivante avec 14 buts en 27 matchs, ce qui lui permet de devenir international bulgare en 1999, à 18 ans. Mais il ne peut empêcher son club de subir la loi du Litex Lovetch puis du Levski Sofia en championnat.

L’année suivante, Berbatov poursuit sa post-formation dans le championnat local et inscrit 8 buts en 12 matchs avant de faire le « grand saut » et de rejoindre le Bayer Leverkusen lors du mercato d’hiver. S’en suivent des premiers mois difficiles pour ce jeune expatrié avec un maigre bilan de 6 matchs joués pour 0 but inscrit.

En 2001-2002, Dimitar Berbatov fait ses « vrais » débuts en Bundesliga et va participer activement à la formidable saison du Bayer Leverkusen qui échoue cruellement aux portes d’un triplé historique : battus en finale de la Coupe d’Allemagne et de la Ligue des Champions (par le Real Madrid), le club est aussi doublé sur le fil par le Bayern Munich pour le titre de champion. Heureusement pour lui, Berbatov n’est pas Allemand[2]…

 

 

La révélation

Mais le bilan n’est pas si négatif, le Bulgare a inscrit 7 buts en championnat et a été déterminant en C1, inscrivant notamment un but lors du match retour des quarts de finale face à Liverpool (4-2).

En 2002-2003, le club ne digère pas les échecs de la saison précédente et échoue à la 15ème place après avoir longuement flirté avec la relégation. Berbatov ne sort pas du lot, n’inscrivant que 4 buts en 24 rencontres.

2004 est l’année de la redemption, le club se classe 3ème, et Berbatov inscrit 16 buts en 33 rencontres, ce qui constitue sa première saison pleine à ce niveau. Cependant, s’il a participé à la qualification de la sélection bulgare pour l’Euro 2004, il ne va rien pouvoir faire pour éviter le fiasco retentissant qui s’en suit. La Bulgarie va s’incliner successivement face à la Suède (0-5), le Danemark (0-2) et l’Italie (1-2). C’est un bien triste bilan pour ce qui reste comme la seule compétition internationale à laquelle la Bulgarie a pris part depuis la Coupe du Monde 1998.

Berbatov confirme son nouveau statut les saisons suivantes en inscrivant 42 buts en 67 matchs de championnat et 5 buts en 10 matchs de C1. Cependant si le Bulgare semble prendre son envol à 25 ans, le club stagne (6ème en 2005, 5ème en 2006).

 

Ci-dessous un but de Berbatov qui conclut une action magnifique du Bayer Leverkusen :

 

 

 

 

 

 

Le buteur devient leader

 

Il décide alors de changer d’air et rejoint les ambitieux Spurs de Tottenham. Il « marque » son territoire en inscrivant des buts lors de son premier match amical (un doublé en 2 minutes face à Birmingham), son premier match de championnat (après 7 minutes de jeu seulement face à Sheffield United) et son premier match de coupe de l’UEFA disputés sous le maillot londonien.

L’impact médiatique de la Premier League va enfin donner au Bulgare la notoriété qu’il mérite. Il forme avec Robbie Keane un duo très complémentaire où chacun peut être aussi bien à l’origine qu’à la conclusion des actions (ils inscrivent ainsi 59 buts en championnat en deux saisons). Mais si la saison 2006-2007 est couronnée de succès (5ème place en championnat), le faux départ la saison dernière (1 victoire lors des 10 premiers matchs) plombe les ambitions du club qui termine à la 11ème place. Cependant le club sauve sa saison en remportant à la surprise générale la Carling Cup face à Chelsea, Berbatov inscrivant un penalty au cours de ce match.

 

 

 

Ces deux saisons auront permis au Bulgare de franchir un cap. Buteur, il est devenu également leader technique : l’équipe de Tottenham basant une bonne partie de son jeu sur lui en tant que point d’appui physique mais aussi précieux relais pour Robbie Keane ou les ailiers. Très bon de la tête mais aussi fin technicien et (très) adroit devant le but, Berbatov a souvent débloqué des situations périlleuses, notamment au terme de raids solitaires lors de matchs à l’extérieur. Cette capacité à changer non pas forcément le cours mais néanmoins l’issue d’un match (c’es tout ce qu’on demande à un attaquant !), ainsi que l’abnégation qu’affiche le Bulgare – pour se battre seul sur le front de l’attaque et ne rien lâcher même lorsqu’il ne voit aucun ballon venir – ont poussé Alex Ferguson à mettre la main au portefeuille (ou plutôt au coffre-fort : 38 millions d’euros) pour s’attacher les services du capitaine de la sélection bulgare (avec laquelle il a inscrit 28 buts en 47 matchs).

 

Ne possédant à son palmarès qu’une Coupe de Bulgarie, une Carling Cup et quelques titres honorifiques (joueur bulgare de l’année en 2002, 2004, 2005, 2007, « Spurs » de l’année en 2007), Berbatov rejoint les champions d’Angleterre et d’Europe et va trouver là une équipe au sein de laquelle il va lui falloir refaire ses preuves, qui ne jouera pas que pour lui mais qui devrait lui permettre d’acquérir un palmarès plus conforme à son réel niveau de jeu.

 

Voir ou revoir quelques-uns de plus beaux buts de Dimitar Berbatov :

 

 

 

 

 

 


[1] Selon le magazine Forbes, Manchester United figure à la première place du classement des clubs les plus riches du monde avec une valeur de 1165 millions d’euros

[2] Les internationaux allemands du Bayer Leverkusen (Ballack par exemple) ont également perdu en finale de la Coupe du Monde cette année-là.

 

 


Actions

Information

Laisser un commentaire